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Le monde a changé. Une espèce supérieure a pris notre place. Des créatures qui n’existaient alors que dans les légendes. Mais la vérité, c’est que ces créatures, à la fois fascinantes et terrifiantes, sont bien réelles, et rôdent dans l’obscurité de notre monde depuis bien longtemps déjà. Je ne peux me résoudre à nommer ces êtres si particuliers. Je me dois cependant de vous les décrire. Je vous parle d’individus qui n’ont d’humain que l’apparence, et qui, à la lumière du jour, préfèrent les ténèbres de la nuit, plus propices à leurs activités sanglantes. Je vous parle d’êtres aux dents longues et suffisamment acérées pour percer la chair de votre cou et en faire perler le sang. Je vous parle de bêtes incontrôlables, obsédées par le besoin de s’abreuver, et qui ne reculeront devant rien pour l’assouvir. Et aujourd’hui, ces créatures sortent enfin de l’ombre. Parce qu’aujourd’hui, elles n’ont plus rien à craindre de l’Homme. Et nous, nous pauvres humains qui nous pensions si infaillibles, nous ne pouvons pas les arrêter. Et bientôt, il ne restera plus rien du monde d’antan que nous chérissions tant.

28/05/2018 Ouverture du forum
02/06/2018 Ouverture du jeu
08/07/2018 Modification du contexte et des annexes
02/08/2018 Changement de design


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Build it up and break it down [Flashback]

MessageSujet: Re: Build it up and break it down [Flashback] Dim 9 Sep - 19:33

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Flashback
2016 ~ Downside

Elle ferma les yeux sans oser relever la tête vers son interlocuteur, embarrassée. C’était une erreur. Elle le savait, elle en avait la certitude, sans vraiment pouvoir se l’expliquer. Et pourtant, elle continuait. Elle s’enfonçait dans son propre piège. Elle était comme un pantin qui avait conscience d’être manipulé, et qui, malgré tout, ne faisait rien pour retrouver sa liberté. Lorsqu’on est conscient d’être manipulé, mais que ça fonctionne, peut-on encore appeler ça de la manipulation ?

Elle leva finalement les yeux vers lui et, instinctivement, elle recula d’un pas pour s’écarter de lui. Comme si elle pouvait se protéger de lui, du monde, de tout, simplement en faisant un pas en arrière. En réalité, elle avait beau faire tous les efforts du monde pour se construire un bouclier, rien ne pouvait la protéger. Parce que son ennemi le plus puissant ne se situait pas à l’extérieur de ces murs qu’elle avait construits…

Elle inclina la tête et un sourire se dessina sur ses lèvres.

- Je n’aurai pas dit « habile », mais j’imagine qu’on peut voir les choses comme ça.


Elle leva les yeux au ciel d’un air faussement agacé, son sourire toujours en place.

- Oh non, ne vous en faites pas, je ne vous dirai pas ça.


Sa gêne et son embarras semblaient s’être évaporés. Elle était plus à l’aise. Elle ne ressentait plus le besoin vital de s’enfuir. Elle avait mis sa peur en sourdine.
Ou bien… Peut-être faisait-elle tout simplement semblant de ne plus l’entendre.

Parce que la peur, quoi qu’on fasse, finit toujours par revenir. On a beau la repousser, on ne lui échappe jamais. Mais aujourd’hui, aujourd’hui elle voulait essayer de surmonter cette peur et cette appréhension qui la paralysaient. Peut-être que c’était la seule façon pour elle de reprendre le contrôle de sa vie. Peut-être qu’enfin, il était temps pour elle d’avancer.

Elle se pinça les lèvres alors qu’elle l’observait entrer dans son bureau.

Bon sang, c’est juste un rendez-vous médical. Qu’est-ce qui peut bien t’arriver ? Et de toute façon, qu’est-ce que ça peut bien faire ?


Le temps d’une fraction de seconde, une ombre passa sur son visage. C’était vrai, après tout. Elle n’avait plus rien à perdre, puisqu’elle n’avait plus rien du tout. Tout ce qu’elle possédait désormais, c’était cet espoir aux yeux brillants, un espoir puissant et pourtant si fragile, un espoir qu’elle tenait à bout de bras et qui menaçait de se briser à chaque instant. C’était beaucoup… Et rien à la fois.

Elle tourna à nouveau son regard vers lui. Elle avait retrouvé son sourire. Le voile qui avait assombri son visage une seconde plus tôt s’était complètement dissipé.

- Eh bien… C’est certainement un peu des deux, je dois l’avouer. Mais, ça dépend. Ai-je encore des chances de vous convaincre que l’humanité et le monde ne courent pas à leur perte ?


Elle inclina doucement la tête, amusée. Et elle essaya de se rappeler. Quand avait-elle pu avoir une conversation comme celle-ci pour la dernière fois ?

A son invitation, elle s’avança d’un pas et s’arrêta dans l’encadrement de la porte.

C’est ridicule. Dépêche-toi d’entrer avant qu’il ne change d’avis.


Elle soupira et avança cette fois-ci d’un pas déterminé en entrant dans le bureau. Elle allait finir par surmonter sa peur. Il le fallait. C’était ce qu’elle devait faire. Il n’y avait pas d’autre option. Du moins, c’était ce qu’elle croyait.

- Vous aviez dit que vous pourriez m’aider à améliorer ma concentration… Et j’aimerais travailler de façon plus efficace. Alors votre avis de médecin me sera certainement utile.


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MessageSujet: Re: Build it up and break it down [Flashback] Lun 10 Sep - 21:30


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"J’étais en colère contre mon ami, Je le lui dit, ma haine se flétrit. J’étais en colère contre mon ennemi, Je n’en ai rien dit, ma haine fleurit. Et je l’arrosais dans la peur, Soir et Matin de sanglots vengeurs, Je l’ensoleillais de sourires forcés, De stratagèmes perfides et mensongés..." William Blake

Klaus ft. @Jade caldwell - Flashback



Il passe très lentement sa langue entre ses lèvres. La lutte intérieure à laquelle il était soumis face à toi, ne cessait de croître. Davantage lorsque de ses yeux, il rencontrait dans les tiens, le même cortège d’émotions et de ressentiments qui résonnait en son sein. La crainte habille ton regard de reflets somptueux et hypnotiques, attisant sur ses traits, un léger sourire sardonique. Il oubliait l’espace de quelques instants, le véritable objectif de toute cette mascarade, happé par le mystère qui t’entoure, obsédé par l’idée même de déceler la fêlure qui constituait à elle seule, ta faiblesse et ta force.

Il remonte très lentement le menton, ses iris se rétractent lorsque tu ouvres les lèvres pour répondre à ses petites plaisanteries. Il hausse alors les sourcils et arbore un sourire sincère et franc, dont la grâce rendait hommage à une humanité à laquelle il avait renoncé. Il plisse ses lèvres et t’accorde un léger rire, accompagnant ces quelques paroles :

« - L’homme s’avère être son plus grand fléau. Je mentirais si je vous disais que je ne concède à cette affirmation, qu’une infime conviction. Cependant… »

Il inspire et serre les dents dans un sourire crispé et presque malgré lui, contraint d’avouer à mi-voix : « - Je dois vous confesser que vos arguments et la ferveur avec laquelle vous défendez votre position, pourraient ébranler mes certitudes et ébrécher mon esprit cartésien. »

Il hausse à nouveau les sourcils et pour la première fois depuis ton entrée dans son cabinet, il plonge son regard dans le tien. Terne et sans saveur, il se confrontait à tes orbes d’une profondeur sans égale. Il ravale sa salive et incline son regard, tout en humidifiant ses lèvres et se redressant. Il s’avance jusqu’à la table d’auscultation et tapote dessus sans plus de cérémonie. Les médecins modernes étaient probablement plus formalistes qu’il ne l’était. Il avait appris à force de voyages et d’analyses, que chaque doctorant avait sa propre méthode. Que cela ne faisait pas de l’un ou de l’autre, un piètre professionnel.

« - Je vais d’abord examiner votre état… Il sera plus aisé pour moi de poser un diagnostic et de vous fournir le nécessaire. Je ne voudrais pas vous gaver de médicaments, si votre problème peut être réglé avec un remède plus naturel. »

Il te tourne alors le dos, ta présence tout entière… ton parfum semblait embaumer la pièce et le rendait fébrile. Il ne comprenait pas encore quelle était l’attraction qui l’attirait à toi plus que nécessaire. Sa mâchoire se contracte sous la frustration et la colère qui l’inondait et inhibait ses gestes. Il ferme momentanément les yeux, cherchant l’origine de cette rage qui ne cessait de s’amplifier. Et il comprit rapidement que plus que le besoin, c’était ta curiosité qui t’attirait à lui. Tu ne venais pas dans l’espoir de guérir… Tu venais quérir ce que son âme déchirée pouvait bien t’offrir. L’homme fuyait souvent son mal en le trouvant au sein d’une autre personne, à l’image d’un miroir… on guérissait ses maux en les analysant chez quelqu’un d’autre.

Il pouvait bien arborer tous les masques et jouer le rôle à la perfection, rien ne pouvait dissimuler les ombres fastueuses de son regard empreint d’une mélancolie et d’une souffrance qu’il taisait depuis des décennies. Il ne pouvait échapper à sa condition même, et si tu avais les yeux pour déceler ce qu’il était… il allait devoir écourter rapidement votre petit jeu et cette charmante inclination qui vous ramenait toujours à chercher chez l’autre, ce qu’il y avait à réparer en vous-mêmes.

« - Vous mangez correctement depuis notre dernière rencontre, ou vous êtes vous cantonnée aux petits mets rapides et énergétiques ? »

Souffla-t-il pour reprendre contenance et se tourner vers toi, le stéthoscope en main. Bien qu’il n’en n’ait aucunement besoin. Son sourire se voulait rassurant, et pourtant, une étrange sensation s’en dégageait. Plus pour lui que pour toi. Il ne parvenait pas encore à définir exactement ce que cela signifiait.




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MessageSujet: Re: Build it up and break it down [Flashback] Dim 30 Sep - 0:16

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2016 ~ Downside

Elle sourit en l’entendant rire et se détendit un peu. Peut-être, finalement, que tout ça allait s’avérer plus facile que prévu. Peut-être que le seul obstacle qui se mettait en travers de sa route et qu’elle aurait jamais à franchir, c’était sa propre peur. De toute façon, y avait-il vraiment quelque chose de plus dangereux que la peur elle-même ?

Elle haussa légèrement un sourcil et son sourire s’étira un peu plus sur ses lèvres. Elle avait la sensation qu’ils partageaient quelque chose, même si elle ne savait pas encore exactement de quoi il s’agissait. A vrai dire, c’était le cas depuis qu’ils avaient débattu au sujet de l’avenir de l’humanité. Elle avait appris à croire en cet avenir, parce que c’était la seule chose qu’il lui restait véritablement. Parce qu’elle avait besoin d’une raison, d’une cause pour laquelle se battre. Pour survivre. Parce que, finalement, c’était tout ce qui avait toujours compté. Survivre. Elle ne faisait que se laisser guider par son instinct. Alors tant pis si elle avait tort. Tant pis si les hommes étaient voués à renaître et à s’autodétruire sans cesse. Tant pis si le monde s’écroulait autour d’elle. Elle s’accrochait à cette cause comme le naufragé s’accroche au récif en pleine tempête.
Mais elle n’en restait pas moins humaine. Et parfois, elle doutait. Si elle se battait pour les mauvaises raisons, si elle était du mauvais côté de la balance, alors qu’adviendrait-il du monde ? Y avait-il seulement un bon et un mauvais côté ? Non, non… Elle le savait depuis bien longtemps, les choses n’étaient jamais réellement aussi simples. Et peut-être, peut-être pouvait-il l’aider à y voir plus clair.

- Je suis ravie de l’entendre. Mais… Je crois que… J’ai l’impression que vous n’avez pas tout à fait perdu foi en l’avenir de ce monde. Peut-être… Que nos convictions respectives ne sont pas si éloignées l’une de l’autre.


A peine avait-elle terminé sa phrase qu’elle fronça les sourcils. C’était vrai, elle avait la sensation que s’il était réellement convaincu que l’humanité courait à sa perte, alors il n’aurait pas perdu de temps à écouter ses arguments. Mais… C’était juste une impression. Quelque chose d’abstrait, de flou, et qu’elle interprétait probablement de la mauvaise façon. En tant que scientifique, elle ne pouvait pas se permettre de porter un jugement basé uniquement sur des ressentis.

- Enfin, je… Peut-être que je me trompe. Ça n’a pas d’importance.


Elle secoua doucement la tête, comme pour effacer ce qu’elle venait de dire. Après tout, elle n’était personne pour porter un tel jugement sur un homme qu’elle connaissait à peine.

Et puis, elle croisa son regard et ses pensées s’envolèrent. Et elle la sentit, encore une fois. La sensation qu’elle devait comprendre, comprendre qu’il y avait quelque chose, là, tout près, quelque chose qu’elle n’arrivait pas à déceler. Comme un message qu’elle devait décoder.

La seconde d’après, c’était terminé. Elle cligna des yeux et se pinça les lèvres. Elle se faisait probablement des idées. Elle se laissait guider par ses émotions et elle détestait ça. Elle devait faire plus attention. Elle avait bien réussi à garder le contrôle pendant toutes ces années. Pas question de rendre les armes maintenant.

Elle hocha la tête et s’approcha de la table d’auscultation sans laisser cette fois le temps à l’hésitation, au doute et aux interrogations de prendre forme dans son esprit déjà bien trop embrouillé.

Elle prit place et soupira doucement.

- J’espère que je ne vous dérange pas en venant ici. J’ai essayé de trouver un numéro pour prendre rendez-vous mais… Je n’ai rien trouvé.


Elle inclina légèrement la tête. Peut-être doutait-elle de lui. Peut-être se demandait-elle si elle pouvait faire confiance à cet homme qui se prétendait être médecin. Peut-être attendait-elle des explications. Ou alors… Peut-être souhaitait-elle simplement savoir comment entrer en contact avec lui à nouveau si cela s’avérait… Nécessaire.

Elle grimaça un peu à sa question.

- Eh bien… Tout dépend ce qu’on appelle manger correctement, j’imagine… Disons que je me nourris suffisamment pour tenir la journée. En général.


Tu veux dire, quand tu ne sautes pas de repas.


Elle se pinça les lèvres mais se garda bien d’apporter cette précision. Elle savait pertinemment qu’elle ne faisait pas assez attention. Mais elle ne supportait pas l’idée de perdre du temps à manger plus que nécessaire alors que tant d’humains se cachaient pour éviter de servir de plat de résistance à d’autres créatures.

Alors que bientôt, elle aurait la possibilité de les aider à sortir de ce cercle vicieux.
 
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MessageSujet: Re: Build it up and break it down [Flashback] Dim 7 Oct - 1:32


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"J’étais en colère contre mon ami, Je le lui dit, ma haine se flétrit. J’étais en colère contre mon ennemi, Je n’en ai rien dit, ma haine fleurit. Et je l’arrosais dans la peur, Soir et Matin de sanglots vengeurs, Je l’ensoleillais de sourires forcés, De stratagèmes perfides et mensongés..." William Blake

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Son sourire est d’un naturel déplaisant. Il ressent toute l’amertume des siècles lui conférer une aisance particulière pour ce genre de mascarade. Mettre un masque, éternellement, au point de ne pouvoir l’ôter sans risquer de s’écorcher la peau et de ne plus rien trouver derrière, que l’ombre et les débris que le rôle nous a fait grâce de nous laisser. Il lève légèrement ses céruléennes dans les tiennes, en quête d’une quelconque supercherie quant au propos que tu pouvais lui tenir. Mais rien ne lui était accordé, si ce n’était une foi inébranlable et une douceur d’âme qui l’attirait autant qu’elle le repoussait. Sa mâchoire se crispe inconsciemment face à cette réalité obsédante. Il humecte ses lèvres, inspirant grandement et haussant les sourcils avant de répondre dans un souffle :

« - Je ne peux pas prétendre avoir une foi quelconque en ce monde. Mais je suppose que comme tout être, j’ai besoin de croire en quelque chose. La famille… »

Il incline son regard et dépose lentement ses ustensiles tout en admirant ton corps, comme le ferait un véritable professionnel. Son rôle s’imprègne de ses gestes et il se met à véritablement t’ausculter et chercher le véritable problème de tes maux, omettant évidemment ce qu’il allait bientôt détruire en toi.

« - L’amour d’une famille. » Un léger sourire ironique étire son visage alors qu’il remonte finalement son regard dans le tien. « - Quel intérêt de se battre pour un monde, si nous n’avons personne avec qui partager la gloire de cette victoire ? Il ne resterait que l’amertume et la rancœur. Le monde est atrocement violent, mieux vaut se résoudre à son fonctionnement. Et ne pas trop en espérer… au risque d’y laisser plus que sa vie. »

Il ravale légèrement sa salive, ravale son amertume et sa colère. Brimant ses véritables sentiments pour pouvoir arborer l’expression que tu souhaitais voir, celle que tout le monde préférait voir au détriment de la vérité et de la valeur réelle de chaque instant. Il détourne son regard et attrape le tensiomètre sans plus t’accorder une seule œillade. Fuite, ou grâce… il ne savait pas. Il ne pouvait déterminer si le fait de t’épargner son regard te protégeait des vils sentiments qu’il possédait, ou s’il se protégeait de la lumière que tu suscitais et qui pourrait probablement ébranler les quelques convictions qu’il détenait encore.

« - Faut-il encore que leur cause soit commune à la vôtre. » Un rire ironique qu’il ne put cette fois réprimer. Il racle sa gorge et humecte à nouveau ses lèvres en t’accordant un nouveau sourire. Le réel se confond avec la fiction, et il savait très bien comment se terminerait cet entretien. Tu ramènes la conversation sur un terrain qu’il contrôlait avec aisance, et il t’en remerciait presque silencieusement.

« - Je ne me suis établi que très récemment dans cette ville. Je n’ai pas encore pu… »

Il remonte son visage dans le tien, son sourire charmeur et son rire rocailleux, presque fragile t’offre une expression faussement gênée et maladroite.

« - M’occuper de la paperasse. Il serait inopportun de ma part de vous refuser l’entrée de mon cabinet, alors que je vous ai moi-même convié à cet entretien. » Il soupire alors et te dévisage comme le ferait un médecin dépité par un patient pas très sérieux. Il incline son regard et remonte légèrement ton menton du bout de ses doigts, son autre main vient palper tes glandes et ta gorge, dans une caresse trop délicate et trop solennelle pour être simplement professionnelle. Il était galvanisant et à la fois terrifiant de savoir que l’on pouvait briser une personne en un claquement de doigt, et t’avoir à sa portée lui conférait deux sentiments paradoxaux.

« - Vous avez encore maigri depuis la dernière fois. Alors s’il-vous-plait. Ne me prenez pas pour l’un de mes confrères idiots et épris par l’argent et leurs bénéfices. Je n’ai pas besoin que vous me cachiez ce que je finirai de toute évidence par découvrir. »

Ses paroles retentissaient deux fois. Un écho portant le premier sens, et la mélodie qui, dans l’ombre parfaite de sa première symphonie, se calquait et lui apposait un nouveau sens. Vous étiez à la fois la personnification de la tendresse et celle de la violence. La chute qu’il te réservait sera celle des grands idéaux, aussi cruellement douce, qu’atrocement violente.




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MessageSujet: Re: Build it up and break it down [Flashback] Mer 10 Oct - 21:27

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2016 ~ Downside

Et brusquement, elle referma tout. Toutes les portes qu’elle avait prudemment ouvertes dans son esprit se verrouillèrent à double tour, tous les obstacles qu’elle avait réussi à franchir jusque-là se dressèrent à nouveau devant elle, imposants et insurmontables. Un mot, un seul et unique mot, et tout s’était écroulé. Famille.

Elle avait la tête baissée, ses cheveux couvrant partiellement son visage. Elle serrait les mains sur la table d’auscultation, au point que ses phalanges blanchirent. Elle fermait les yeux, les sourcils froncés. Elle luttait.
Et elle ignorait pourquoi le combat était si difficile à gagner cette fois. La famille… C’était un sujet banal, qui était déjà apparu dans plusieurs conversations auxquelles elle avait pu participer. Et elle avait appris il y a longtemps à bloquer ses souvenirs, les empêchant de remonter à la surface à leur guise. Elle avait enfermé dans son âme toute une partie d’elle-même, tout ce qu’elle n’aimait pas, tout ce qu’elle détestait, tout ce qu’elle ne voulait plus voir. Tout, pour toujours.
Du moins, elle avait cru avoir réussi. Jusqu’à ce jour. Plus que jamais, elle se souvenait. Elle se souvenait des regards, de la tristesse, de la souffrance, elle se souvenait du reflet de la mort dans les yeux de l’homme, et de l’odeur si forte du sang de ceux qui lui étaient si chers. Mais surtout, surtout, elle se souvenait de l’intensité de sa douleur, et de toutes ces choses qu’elle avait ressenties à une puissance démesurée. Et à nouveau, elle eut la sensation d’être happée par les ténèbres. En était-elle seulement déjà sortie ?

Elle rouvrit les yeux, tentant en vain de fuir les images des souvenirs qui torturaient son esprit. Mais elle était impuissante, comme toujours. Elle avait beau essayer de se protéger, de contrôler ses sentiments, c’était peine perdue. Ils faisaient bien ce qu’ils voulaient d’elle. Et elle aurait voulu parler, crier pour rejeter tout ça au loin. C’était impossible. Elle peinait déjà à respirer. Et elle savait, oh elle savait mieux que quiconque que ce qui ne pouvait danser au bord des lèvres s’en allait hurler au fond de l’âme. Alors, elle laissa l’ouragan se déchaîner, elle le laissa détruire ce qu’elle était parvenue à réparer. Tout simplement, elle attendit que la tempête passe.
Voilà, c’était passé. Terminé.
Jusqu’à la prochaine fois.

Elle respira à nouveau, prudemment, lentement. Tout ça n’avait duré que quelques secondes. Peut-être… Peut-être, avec un peu de chance, n’avait-il rien perçu du tout.
Elle fronça les sourcils en réalisant que ses mains tremblaient légèrement, et tenta de les cacher du mieux qu’elle put alors qu’il l’auscultait. Elle ne voulait pas qu’il se pose de questions. Elle ne voulait pas qu’il lui demande, ou qu’il perçoive même une quelconque faiblesse. Elle n’en avait jamais parlé à qui que ce soit. Elle voulait garder ces souvenirs avec elle. Elle voulait se souvenir qu’elle n’avait rien fait, elle voulait se rappeler ses erreurs pour ne pas les commettre à nouveau.

Elle se pinça les lèvres, sans oser toutefois relever les yeux vers lui.

- Vous avez sans doute raison. J’imagine que c’est la famille qui nous pousse à nous battre.


C’était un murmure à peine audible, et elle releva finalement la tête, se raclant la gorge. Elle devait se ressaisir, et vite.
Elle haussa un sourcil. Ce rire ironique accompagnant cette dernière phrase laissait entrevoir des difficultés familiales. Elle hésita à l’inviter à poursuivre. C’était un sujet personnel. Ils n’étaient jamais allés sur ce terrain-là auparavant. Etait-elle prête à emprunter ce chemin, elle aussi ? Finalement, elle renonça, se contentant de lui adresser un regard interrogateur, l’encourageant silencieusement à en dire plus seulement s’il le souhaitait.

Un léger sourire se dessina sur ses lèvres, et elle tenta de se détendre du mieux qu’elle le pouvait. Elle secoua doucement la tête.

- Oh, je vois. Je suis désolée, je ne voulais pas vous reprocher quoi que ce soit ou me montrer indiscrète.


Elle baissa un peu les yeux alors qu’il la réprimandait du regard. Et puis brusquement, il s’approcha, et son corps se tendit à nouveau. Elle retint son souffle, et un frisson lui parcourut l’échine lorsqu’il posa la main sur sa gorge. Elle croisa son regard, et soudain, elle comprit. Elle comprit pourquoi elle n’avait pu retenir ses souvenirs et ses émotions quelques instants auparavant. Elle avait ouvert trop de portes face à lui. Elle s’était rendue vulnérable, sans même s’en rendre compte. Et elle aurait voulu, oh en vérité elle aurait tellement voulu que les portes se referment à double tour, pour l’éternité. Mais c’était impossible. Malgré tous ses efforts, c’était impossible. Il était déjà trop tard pour reculer. Elle se perdit dans son regard un instant. Elle s’interrogeait. Qu’adviendrait-il s’il arrivait à percevoir qui elle était réellement ?

Elle cligna des yeux et recula légèrement la tête pour se soustraire à son emprise.

- …Je ne vous prends pas pour un idiot, loin de là. Disons juste que… Qu’il m’arrive de sauter quelques repas, quand je manque de temps. C’est tout.


Elle se pinça les lèvres et inclina la tête.

- Alors… Est-ce que vous auriez quelque chose qui pourrait m’aider ?  

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MessageSujet: Re: Build it up and break it down [Flashback] Lun 15 Oct - 21:03


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"J’étais en colère contre mon ami, Je le lui dit, ma haine se flétrit. J’étais en colère contre mon ennemi, Je n’en ai rien dit, ma haine fleurit. Et je l’arrosais dans la peur, Soir et Matin de sanglots vengeurs, Je l’ensoleillais de sourires forcés, De stratagèmes perfides et mensongés..." William Blake

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Ses céruléennes contemplent les tiennes, lorsque le mot « famille » sonne le glas de la sérénité qui vous liait. Il fronce légèrement les sourcils, ton cœur s’était contrit, et la distance s’était creusée… ta phrase martèle finalement ses quelques avancées pour lui annoncer que tout était à refaire. Mais loin de se sentir désobligé par cette nouvelle, d’en éprouver une quelconque frustration, c’était de l’excitation qui l’animait. L’envie curieuse de creuser et de découvrir ce que ton cœur dissimule sous son bouclier de pureté. Il humecte ses lèvres un instant, ses gestes étaient en suspens, dans l’attente insatiable d’un nouvel événement. Celui qui enclencherait à nouveau les rouages de votre conversation et de votre présence, l’envie de vous dévorer et de consumer ce qu’il restait probablement de votre humanité.

Il y avait quelque chose de cruellement beau dans ton regard. Une beauté un peu surannée, abîmée… Peut-être ternie par les chagrins et les vagues salées qui se sont peut-être trop déchaînées au bord de tes cils. Il remonte son menton et bat lentement des paupières, tentant de recouvrer une ancre qui lui permettrait de redescendre sur terre et de ne pas perdre de vue son seul objectif.

« - La famille, ou peut-être l’amour que l’on cherche à acquérir d’eux. » Il ravale sa salive et arbore un léger sourire maladroit. La sincérité lui avait été ôtée, il ne voulait pas te faire l’opprobre d’un blasphème sur tes quelques sentiments. Sur tes douleurs et ton histoire. Apprendre à te connaître était l’une des plus grandes failles de son plan. Il s’attardait sur chaque aspect et y trouvait une certaine similarité avec ce qu’il avait vécu. On cherche toujours à attiser un sentiment d’empathie en cherchant dans nos souvenirs une histoire similaire à raconter, pouvoir témoigner et dire à notre interlocuteur : j’ai ressenti la même chose. J’ai ressenti la détresse et le chagrin, la peur et la colère. Il n’y avait pas droit. Avouer tout cela, le réduirait à néant et mettrait en péril tout ce pour quoi il s’était battu jusqu’à présent.

« - Ne vous préoccupez pas de mes positions quant à vos interrogations. Je trouve cela plutôt naturel… j’imagine que je me serais inquiété de ne pas vous voir éprise par le doute, alors que tout me porte à défaut. »

Il dépose son stéthoscope et te fixe légèrement. Par réflexe, sa main se rapproche de ton visage, se ravise… une minute plane dans l’air et arrête le temps, lui dérobant quelques instants d’une quiétude à laquelle il n’aspirait plus. Et enfin ses doigts se délient et viennent très lentement replacer l’une de tes mèches de cheveux derrière ton oreille.

« - Je n’ai pas de remède miracle si ce n’est un régime adapté. »

Il passe très furtivement sa langue sur ses lèvres et racle sa gorge avant de t’offrir un sourire plus franc. Il s’éloigne de l’endroit et attrape alors son carnet d’ordonnance.

« - Je suppose que vous donner le nom des médicaments vous suffira, votre métier aidant à ne pas passer par l’intermédiaire des pharmaciens. »

Il hausse les sourcils et incline son regard, notant quelques médicaments à base de plante uniquement. Il pourrait te composer un cocktail explosif et te faire perdre la raison, anéantir tout espoir de guérison et annihiler un à un tous tes sens, toutes tes capacités cognitives. Mais cette vilénie, même si elle l’avait effleuré, n’eut pas l’ascendant sur l’instant que vous veniez de partager.

« - Je suis un naturaliste agréé… Ma mère était botaniste, alors permettez moi de vous conseiller cette médecine avant de vous gaver de médicaments que vous ne prendrez de toute façon pas. »

Il arrache la feuille et se rapproche de ta personne à pas feutrés, une élégance séculaire et d’un autre âge semblait lui coller à la peau. Il te tend alors avec assurance la feuille qui allait probablement te permettre à rendre de la vigueur à ton cerveau et de l’énergie à tes muscles. Il garde néanmoins le bout de papier quelques secondes en main, sifflant tout en se cambrant et en haussant les sourcils :

« - Et une bonne dose de confiance en soi sera nécessaire. »




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Build it up and break it down [Flashback]

MessageSujet: Re: Build it up and break it down [Flashback] Jeu 25 Oct - 18:33

Build it up and break it down

Do monsters make war or does war make monsters ?






Flashback
2016 ~ Downside

Une partie d’elle-même aurait voulu faire marche arrière. Elle s’était beaucoup trop exposée. Elle se sentait vulnérable, et elle détestait ça. Comment en était-elle arrivée là ? Elle avait l’habitude de prendre toutes les précautions nécessaires. Elle ne faisait jamais rien sans considérer et évaluer les risques auxquels elle s’exposait. Mais cette fois… Cette fois tout était allé beaucoup trop vite. Elle n’avait pas eu le temps de bâtir un mur entre eux. Et pourtant, elle avait senti l’odeur du danger flotter dans l’air. Sa raison lui avait crié de faire demi-tour, de ne pas s’attarder, de passer son chemin, et de se concentrer sur son seul et unique objectif qu’elle s’était fixé il y a maintenant des années. Et jusqu’à présent, elle avait toujours suivi ce chemin : celui du rationnel, celui qui semblait le plus raisonné, le plus logique, le moins risqué. Celui qui menait à une destination qu’elle connaissait déjà. Mais en cet instant, elle réalisait qu’à cause d’une seule et unique rencontre, elle avait changé de voie. Elle avait tourné le dos à sa raison. Et aujourd’hui, elle suivait une route dont elle ne connaissait pas l’issue. Et elle courait, elle courait tellement vite qu’elle avait l’impression de tomber dans les abîmes d’un monde auquel elle n’appartenait pas. Elle ne savait pas quels obstacles elle rencontrerait, ni si elle parviendrait à les surmonter. A vrai dire, elle ne savait rien, rien du tout, mis à part le fait qu’elle était irrémédiablement attirée par ce gouffre sans fond, et qu’il n’y avait rien ni personne pour la rattraper.

Pourtant, jusque-là, elle n’avait pas essayé de ralentir sa chute. Elle s’était contentée de lâcher prise. La méfiance, et le doute, et la crainte qui envahissaient ses pensées en permanence étaient parfois trop lourds à porter. Alors pour une fois, et sans vraiment en connaître la raison, elle s’était détachée de ces fardeaux qu’elle peinait à traîner derrière elle. Pendant un temps. Parce que si l’on ne combat pas nos démons chaque jour, à chaque instant, alors ils reviennent à la charge. C’est pour cette raison qu’elle se devait d’être toujours prête à faire face à l’ennemi.
Alors oui, elle savait que d’une manière ou d’une autre, elle devait se battre. La seule chose qu’elle ignorait encore… C’était dans quel camp elle envisageait de se placer.

Elle releva doucement la tête et lui rendit son sourire.

- Ou peut-être bien que c’est l’amour et l’espoir que cette famille nous a apportés par le passé qui nous poussent à nous battre pour reconstruire un monde qui s’est écroulé.


Il semblerait que la famille soit un sujet que ni l’un ni l’autre n’était prêt à aborder. D’une certaine façon, ça la rassurait. Il avait déjà perçu bien trop de choses la concernant. Et ça l’effrayait. Toutes ces choses, toutes ses faiblesses, elle voulait les garder pour elle, et uniquement pour elle. Si elle les laissait s’échapper, alors que resterait-il d’elle ? Qui serait-elle sans ses failles ?

Elle ouvrit la bouche pour parler à nouveau mais sa respiration se bloqua lorsqu’il approcha sa main de son visage. Pendant un instant, juste un instant, plus rien n’avait d’importance. Le temps s’était arrêté et elle en oublia ses inquiétudes. Elle plongea son regard dans le sien. Elle ne savait pas si elle voulait le supplier de ne pas s’approcher plus d’elle ou si elle voulait comprendre le sens de ce geste. Elle ne savait plus rien, mis à part qu’elle était perdue, tiraillée entre des sentiments contradictoires qui lui murmuraient de partir dans deux directions différentes. Alors elle était là, à la croisée de deux chemins, espérant que quelqu’un, n’importe qui, lui tende la main et lui montre la marche à suivre.

L’air entra à nouveau dans ses poumons au moment où elle sentit ses doigts effleurer son visage. Et les battements de son cœur s’accélérèrent. Parce que le danger était là, tout près. Parce que quelqu’un essayait de la regarder alors même qu’elle s’efforçait de se cacher. Et elle avait peur. Peur de la rencontre, peur que l’on vienne lui prendre ce qu’il restait d’elle, que l’on brise les morceaux qu’elle avait réussi, tant bien que mal, à recoller. Parce qu’elle savait bien qu’elle se perdait un peu plus à chaque fois qu’elle volait en éclats. Et si, un jour, elle se perdait trop loin pour parvenir à retrouver son chemin ?

Elle cligna des yeux et détourna finalement le regard.

- Ah… Oui… D’accord.


Elle fronça les sourcils et secoua brièvement la tête pour reprendre ses esprits. Elle s’écarta de la table d’auscultation. Elle ferma les yeux pendant une seconde, profitant qu’il lui tourne le dos. Elle avait besoin de rassembler ses pensées qui s’éparpillaient dans son esprit.

Elle hocha la tête en l’écoutant d’une oreille distraite, puis leva finalement les yeux vers lui, un léger sourire sur les lèvres.

- Je vois… Je tâcherai de suivre vos instructions. Vous avez ma parole.


Elle s’avança pour prendre le bout de papier qu’il lui tendait, prenant soin de ne pas toucher sa main. Elle haussa les sourcils à sa remarque et laissa un court silence s’installer entre eux. S’il avait perçu ça… Qu’avait-il perçu d’autre ?

Elle déglutit et baissa les yeux.

- Je ne vois pas vraiment en quoi ça pourrait m’aider, mais… J’essaierai d’y faire attention, si vous jugez que c’est important.


Elle se pinça les lèvres. A vrai dire… Elle n’avait aucune idée de la façon dont elle devait s’y prendre pour nourrir sa confiance. Peut-être était-ce tout simplement impossible. De toute façon, à quoi bon ?

Elle inclina la tête. Elle savait que ce rendez-vous médical, cet entretien, cette rencontre ou quoi que ça puisse être d’autre, était sur le point de se terminer. Et elle ne savait plus si elle voulait partir en courant pour remettre de l’ordre dans ses pensées… Ou s’accorder encore quelques minutes hors du temps et du monde de dehors.

Elle se racla la gorge.

- Merci pour vos conseils. Je ferai de mon mieux pour les mettre en place. De toute façon, j’ai bien conscience que je ne suis que d’une efficacité moindre dans mes recherches lorsque je ne suis pas au meilleur de ma forme. J’ai tout intérêt à prendre ces médicaments… Et à faire attention à mon régime alimentaire.


Elle lâcha un soupir et dirigea à nouveau son regard sur lui, s’efforçant de garder un sourire sur ses lèvres.

- Alors… Il est peut-être temps que vous me disiez combien je vous dois pour tout ça.

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MessageSujet: Re: Build it up and break it down [Flashback] Sam 27 Oct - 21:32


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"J’étais en colère contre mon ami, Je le lui dit, ma haine se flétrit. J’étais en colère contre mon ennemi, Je n’en ai rien dit, ma haine fleurit. Et je l’arrosais dans la peur, Soir et Matin de sanglots vengeurs, Je l’ensoleillais de sourires forcés, De stratagèmes perfides et mensongés..." William Blake

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« - La famille détient le pouvoir de nous élever, comme celui de nous détruire. Je suppose que la vôtre était du premier groupe et non du second. »Souffle-t-il d'une voix solennelle.

Il hausse les sourcils, un léger sourire décorant son faciès et portant ses paroles. Il passe très furtivement sa langue sur ses lèvres et ses céruléennes, audacieuses, à la beauté abîmée, te contemplaient. Il détourne alors très légèrement son regard pour s’éviter un nouvel instant de gêne, qu’il allait devoir justifier de manière hypocrite, fidèle au comportement humain.

« - Pour votre mal physique, je peux vous prescrire des remèdes et des cocktails assommants. Mais je ne peux rien pour les cœurs lésés, bafoués et lacérés par nos propres sentiments. »

Il se cambre et lève ses yeux dans les tiens tout en ravalant sa salive, il avait conscience qu’il n’était pas forcé de réellement t’aider. Qu’il devait simplement en donner l’illusion, pourtant son esprit tout entier se pliait à ce simple désir : aussi hypnotique que dangereux. Et il y prenait un plaisir malsain. Il murmure alors du bout de ses lèvres, dans un brin nonchalant et presque détaché :

« - Notre plus grand ennemi, n’est autre que nous-mêmes… Et la douleur est l’affre de nos propres danses… sur l’autel de notre existence. »

Il se détourne de toi, le silence épouse alors l’air avec une bienveillance teinte d’une tension insoutenable. Il fronce les sourcils, dos à toi tu ne pouvais voir son visage se crisper. Son corps se raidir sous l’envie soudaine qui l’avait pris. Il entendait ton cœur battre, et lorsqu’il laissait ses démons prendre le dessus sur sa raison, il pouvait entendre la symphonie que lui jouait ton sang circulant dans des veines trop étroites pour lui… les pulsations aguichantes qui lui entonnaient un chant éternel et lui promettaient un accueil chaleureux. Il ferme les yeux et se reprend… le sang lui manquait, la soif devenait intenable.

On souffre de bien des maux, lorsque nous mutons. Sa famille avait découvert progressivement le fléau que leur imposait leur condition… ils vivaient d’atroces souffrances, mais aussi une exquise jubilation à chaque avancée… à chaque gorgée et à chaque émotion qui les déchirait. Il ravale alors très lentement sa salive et se retourne à nouveau vers toi. Un léger sourire énigmatique pour seul artifice à cette mise en scène pitoyable.

« - Vous êtes déroutante… Mademoiselle Caldwell. »

Et son regard, rieur et manipulateur, s’adoucit pour t’offrir ses plus beaux mensonges. Et le rôle, dans son humble demeure, porte le masque de mille péchés… avant de daigner se briser… Combien de temps encore, parviendras-tu à résister à ses seules intentions. Combien de masques allait-il encore arborer, pour voir s’effondrer en une seule seconde, les murs que tu avais érigés en quelques années ? Il émet un rire cristallin, à la fragilité calculée et maladroite. Plus le temps avançait en ta présence, plus tout lui semblait naturel, plus son rôle se perfectionnait et plus la maîtrise d’un tel personnage lui était familière.

« - Pardonnez-moi. Je n’ai pas pour habitude de tenir de tels discours avec mes patients. J’espère que cela ne vous dérange pas. »

Et c’est dans la promesse muette et vénielle qu’il glisse le décor d’une fausse philanthropie. Là où le cœur s’incline pour se laisser aller à la douceur qu’on lui offre, l’esprit se brise… et il récolterait avec grâce, les derniers éclats du tien pour en préserver le souvenir. Il se retourne avec une élégance presque parfaite. Sa main attrape un bout de papier où il griffonne avec une maladresse feinte quelque chose. Il garde sa tête baissée sur le papier, tout en relevant son regard vers le tien. Charmeur, d’une douceur espiègle et malicieuse. Il accordait la plupart de ses personnalités.

« - Je vais vous faire grâce de la première note. Nous discuterons du prix la prochaine fois, si vous n’avez pas suivi mes conseils. »

Il se rapproche de toi et dépose le stylo sur le bureau avant de te rejoindre et de te tendre le bout de papier. Il plisse les lèvres et un nouveau rire d’une maladresse feinte laisse ses écueils parfumer l’air.

« - Mon numéro personnel. » Il incline son regard et lève les yeux au ciel avant de murmurer : « - Au cas où. »



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MessageSujet: Re: Build it up and break it down [Flashback] Dim 4 Nov - 22:24

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2016 ~ Downside

Son regard se perdit dans le vague un instant alors que ses pensées se dirigeaient vers ceux qu’elle avait perdus trop tôt. Et elle s’interrogeait sur le pouvoir qu’ils avaient eu sur elle, et qu’ils avaient encore aujourd’hui. Lui avaient-ils vraiment permis de s’élever ? L’avaient-ils détruite ? Evidemment, elle s’efforçait du mieux qu’elle pouvait de suivre les enseignements qu’ils lui avaient transmis et de faire honneur aux principes et aux idéaux qu’ils avaient partagés avec elle. Et pourtant, malgré tout, elle s’était effondrée après leur disparition, et encore aujourd’hui, elle ne savait pas si elle pourrait réellement se reconstruire un jour. Tout ce qu’elle était capable de faire, c’était se relever, et continuer à marcher jour après jour, luttant pour fuir un passé qui pourrait bien l’engloutir toute entière.

Elle inclina légèrement la tête, pensive.

- La famille nous donne beaucoup, c’est certain. Mais je pense que c’est ce que nous décidons de faire de leur héritage qui détermine notre identité. Je crois que la famille nous montre les chemins que l’on pourrait suivre. Nous sommes les seuls à décider de la voie que nous voulons emprunter. Tous les jours, à chaque instant, nous pouvons décider de suivre leurs traces… Ou d’explorer d’autres horizons.


Quelques secondes s’écoulèrent lentement, et un sourire amer se dessina sur ses lèvres.

- Et je crois aussi… Je crois que pour s’élever… Il faut avoir connu la destruction.


Elle leva les yeux vers lui, surprise qu’il ait perçu aussi facilement ce qu’elle cachait au plus profond d’elle-même, et le regretta aussitôt. Elle ne savait plus comment se défendre. Peut-être ne l’avait-elle même jamais su. Et pourtant, elle ressentait le besoin vital de se protéger. Elle savait qu’elle devait être prudente. Mais comment s’y prendre lorsque l’ennemi brisait ses armes fragiles avant autant de facilité ?

Elle baissa finalement les yeux, tentant vainement d’échapper à l’emprise qu’il avait déjà sur elle.

- A vrai dire… Je ne cherche pas de remède pour ce genre de choses.


Sa voix n’était désormais plus qu’un murmure, comme si elle n’avait pu s’empêcher de prononcer ces mots. Elle savait à quel point son cœur était déchiré de part en part. Elle savait le poids de la culpabilité et de la colère qui pesait sur son âme. Mais elle voulait tout garder. Tout, jusqu’au bout, parce qu’ils la définissaient, parce qu’ils faisaient partie intégrante d’elle-même. Et parce qu’elle n’avait pas le droit de les laisser s’envoler maintenant. Pas encore. Il était trop tôt. Alors elle garderait tout, jusqu’au bout… Ou au moins jusqu’à ce qu’elle ait atteint ses objectifs.

Elle inspira longuement.

- C’est vrai. C’est certainement en nous-mêmes que se tapissent nos démons les plus tenaces… Mais je crois aussi que nous détenons en notre for intérieur les armes pour les combattre. Le plus dur est parfois de les trouver. En vérité… Je pense que l’être humain est comme une énigme. Nous détenons en nous-mêmes les clés qui nous permettront de la résoudre. Et alors, seul celui qui refuse de chercher a déjà perdu.


Elle se pinça les lèvres alors qu’elle terminait sa phrase. Essayait-elle seulement de combattre ses propres démons, ou les laissait-elle volontairement la ravager de toutes parts ?

Ses pensées s’envolèrent quand il lui tourna brusquement le dos. Elle fronça légèrement les sourcils, perplexe, s’interrogeant sur ce qu’elle avait bien pu dire ou faire pour provoquer cette réaction. Peut-être… Peut-être, tout simplement, que leurs opinions divergeaient trop, peut-être qu’ils étaient trop différents, et que tout ceci devait se terminer.

Pourtant, elle fit un pas en avant, hésita une seconde, puis avança sa main vers son épaule.

- Est-ce que tout va bien ? Si j’ai dit ou fait quelque chose qui vous a froissé… Je m’en excuse. Ce n’était pas mon intention.


Il se retourna avant que sa main n’entre en contact avec lui, et elle abaissa aussitôt le bras. Elle se crispa légèrement, et resta muette quelques instants. Elle ne savait pas ce qu’elle devait répondre, et elle refusait de comprendre le sens qui se cachait derrière ces mots.

Au bout d’un moment qui lui avait paru durer une éternité, elle reprit la parole.

- Eh bien, dans la mesure où j’apprécie également nos conversations… Je ne peux pas dire que ça me dérange. Bien au contraire.


Un sourire apparut sur ses lèvres alors qu’elle décidait encore une fois de rejeter sa peur, prenant le risque de se briser en mille morceaux à nouveau. Peu importe ce qu’il adviendrait. Elle ne pouvait plus se contenter de vivre dans la peur éternellement.

Elle ouvrit la bouche pour protester et payer la somme qu’elle lui devait, mais elle se ravisa finalement. La prochaine fois… Oui, elle pourrait payer la prochaine fois. Où était le mal ?

Elle se pinça les lèvres et pencha la tête, haussant un sourcil.

- Alors… Vous estimez déjà que je ne vais pas suivre vos conseils ?


Elle rit doucement, et pour la première fois depuis longtemps, elle se sentit libre. Libre d’agir, libre de penser, libre de vivre. Et non contrainte par cette peur qui l’envahissait sans cesse.

Elle releva les yeux vers lui, et plonge son regard dans le sien, tentant de percevoir derrière ses iris ses véritables intentions.
Et puis, elle avança sa main pour prendre le papier.

- Ça signifie que je peux vous appeler en cas d’urgence ?

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MessageSujet: Re: Build it up and break it down [Flashback] Sam 10 Nov - 23:38


And I watched the world fall

"J’étais en colère contre mon ami, Je le lui dit, ma haine se flétrit. J’étais en colère contre mon ennemi, Je n’en ai rien dit, ma haine fleurit. Et je l’arrosais dans la peur, Soir et Matin de sanglots vengeurs, Je l’ensoleillais de sourires forcés, De stratagèmes perfides et mensongés..." William Blake

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Il contemplait tes iris, vestige de ton histoire et miroir de ta douleur. Le passé est douloureux, il possède le poids immuable des choses qu’on ne peut défaire, il reflète avec aisance, l’impuissance à laquelle l’être vivant est confronté chaque jour. Sans cesse soumis au poids de sa propre existence. Il ravale sa salive et détourne momentanément son regard pour contempler le décor de sa pièce de théâtre improvisée. Le choix était probablement un facteur déterminant, il ne l’avait pas eu. À ses yeux, il avait été condamné dès la naissance à subir l’amertume et le mépris des siens. À voir au travers des pupilles de sa « famille », la personne qu’il était, qu’il sera et qu’il a toujours été dès la naissance. Il était l’origine même des tourments de sa mère, le symbole de sa détresse et de sa dépravation, et il se soumettait avec une douleur extrême aux quelques fléaux que cela engendrait. Son regard s’éteint momentanément. Ses céruléennes prennent une teinte livide face à la réalité qui était sienne, et à celle qui était tienne. Vos deux mondes étaient différents, et c’est ce qui le poussait à maintenir le cap sur ses propres objectifs. Tes résolutions, tes croyances et toute la foi que tu pouvais encore puiser en toi pour pourvoir les hommes d’une telle bonté, n’auraient plus aucun droit sur ses propres convictions.

Il hausse finalement les sourcils, surpris par le mot « destruction ». Il relève son regard dans le tien pour y quérir une quelconque sensiblerie. Une émotion à laquelle il pourrait se rattacher pour effacer la chaleur éphémère qui s’était logée au fond de lui et qui lui avait momentanément réchauffé le cœur. Il serre la mâchoire et t’offre un léger sourire, balayant d’un battement de paupières, tout bon sentiment que tu tentais d’instiller en lui.

« - Il arrive parfois que nos démons surpassent notre propre force et qu’on leur cède volontiers notre dernière étincelle de vie. Tout le monde ne peut pas être sauvé. »

Il hausse les épaules et bat lentement des paupières avant de froncer les sourcils. En pleine réflexion. Tu avais déjà ton idée sur la question, et la philosophie que tu maintenais était probablement le seul pilier qui te maintenait encore debout. Il préférait s’abstenir de tout anéantir. Son objectif n’était pas de te briser plus que tu ne l’étais, mais d’obtenir ce pourquoi il était venu dans cette ville. Ce pourquoi il s’était toujours battu. Il plisse alors les lèvres et inspire, murmurant du bout de ces dernières :

« - Le chagrin est une émotion dotée d’une beauté extraordinaire… »

Il se rapproche tout en fixant ta silhouette sans y apporter une réelle attention. Un léger sourire pour seul artifice, masque à sa propre torpeur. Il humecte ses lèvres pour annihiler sa colère et ses élans de tristesse, comblant momentanément le vide atroce qui se logeait au fond de son cœur. Il se cambre et murmure alors à ton attention, pour justifier son affirmation précédente : « - Il nous pare parfois d’une merveilleuse humanité. »

Et ses iris brillaient d’une incandescente lumière, à la vérité teinte d’une cruelle beauté. Il recule son visage, son souffle s’abstenant de ternir l’air et conférant à l’atmosphère, une pureté que sa simple respiration pouvait corrompre. Il ravale sa salive et relève dignement son menton, portant l’allégresse et la noblesse des plus grands empereurs sans en happer la prétention.

Il humecte ses lèvres et un sourire, plus franc, dont la sincérité ébranlerait le cœur du plus audacieux des guerriers, répondit à ta remarque. Il incline son regard avec légèreté et plisse finalement les lèvres en feignant la perplexité tout en soufflant avec sarcasme :

« - Je suppose que votre travail ne vous offre pas spécialement la possibilité de penser à vous… ou alors… » Il fronce les sourcils et fait mine de réfléchir avant d’écarquiller les yeux en feignant la surprise, portant dans un geste théâtral, sa main à l’endroit de son cœur pour te souffler : « - Vous ne mettriez pas votre vie en danger dans l’unique but d’avoir une nouvelle entrevue avec moi… Je ne savais pas mes charmes si convaincants. »

Et c’est un léger rire qui peignit l’air d’une valse qui ne correspondait ni à ton cœur ni au sien. Un chant funèbre, où la douceur révèle la cruauté de son porteur et où la détresse donnait l’éclat à sa joie.

« - Vous pouvez m’appeler, pour discuter… pour votre santé et même pour des conseils concernant vos recherches si vous le souhaitez. Même si je doute que l’avis d’un médecin fasse avancer vos travaux. »




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